
Les usages peuvent avoir comme revers une certaine lassitude, car elle traine avec elle une redondance, un échos perpétuel, qui peut parfois sembler vain.
Les vœux sont des prières, et nos prières ne semblent pas toujours entendues, du moins le pense-t-on. Il peut être difficile de reconnaitre l’objet de notre prière dans la forme revêtue ainsi que dans le temps qu’elle prend parfois à se manifester, plongeant la demande initiale dans un oubli qui se rappelle parfois à nous quand le temps est venu.
Il y a fort longtemps, il était d’usage de formuler des vœux quotidiennement (oserais-je dire) à nos proches et aux autres, il en existe encore aujourd’hui (bonne journée, prend soin de toi etc..), je vous laisse compléter la liste, mais ils peuvent avoir perdu dans nos intentions, leur pleine valeur initiale.
Nous avons aujourd’hui pléthores d’outils de communication qui ont comme sens commun, facilité et rapidité d’utilisation, adaptés finalement à la vie qui est menée de nos jours de la même façon. Ne voyez pas là une plainte excessive ou quelconque lamentation mais simplement un étalage factuel.
Cette tradition s’étend tout le long de janvier permettant à l’inverse de nos outils de prendre le temps de nouer contact avec la famille proche, éloignée, les amis, que la distance empêche de voir régulièrement. Des visites étaient donc organisées quand cela était possible ou bien autrefois des lettres envoyées permettant de partager les histoires d’une année passée et donc également de transmettre nos vœux aux destinataires.
C’était finalement aussi un temps particulier dédié à soi, car pour prendre le temps de se raconter, il était nécessaire aussi de prendre le temps de se reconnecter à soi, de faire son propre bilan de l’année écoulée, se laisser revisiter par les émotions traversées ajustées par la délicatesse du temps, et lorsqu’on en vient à partager ses vœux, s’être reconnecté à soi, leur transmet une authenticité particulière, habillée d’intentions positives autant pour les destinataires que pour soi, assaisonnées aux épices que chacun affectionne ou bien adaptées aux légumes de la saison que chacun traverse car les cycles individuels sont indépendants de ceux de la nature.
C’est aussi un temps de connexion à l’autre, peu importe la distance, comme un relais wifi, d’antennes mobiles, qui véhiculent une histoire commune ou bien de nouvelles, une connexion intemporelle, porteuse de messages subtiles que nos cœurs reçoivent avec douceur consciemment ou inconsciemment mais qu’il nous arrive de ressentir, aux costumes de l’impalpable.
Cette période de fin d’année, est excessive parfois dans la démesure commerciale, ainsi qu’au stress que cela génère pour beaucoup, mais en même temps, que ces fêtes soient bénies pour tout ce qu’elles représentent dans leur universalité, tous les messages positifs qu’elles véhiculent à chacun et pour tous, fraternité, partage, la déclinaison de l’Amour sous bien des costumes pour soi et pour les autres, comme les cloches de deux piliers qui sonnent l’échos du Cœur et qui un jour je l’espère, seront les mœurs de chaque jour, de chaque nuit et de chacun, aux bénéfices de Tous.
Puisse chaque Vœu formulé porter l’Essence de l’Amour, fontaine d’abondance universelle.

